Le tourisme international est en plein essor, mais pas vers les États-Unis

Le tourisme international est en plein essor, mais pas vers les États-Unis

Le tourisme international croît à son rythme le plus rapide en sept ans, mais les États-Unis s’apprêtent à connaître leur plus forte baisse en matière d’arrivées touristiques en provenance de l’étranger… de quoi évacuer quelques peu les gros rassemblements de touristes devant les principaux monuments du pays ! C’est une tendance inquiétante pour l’industrie du voyage et du commerce aux USA, car les voyageurs internationaux ont généralement tendance à rester plus longtemps et à dépenser plus que leurs homologues nationaux.

Les opérateurs implorent le Président Trump de faire un geste

Au cours des sept premiers mois de 2017, les États-Unis ont accueilli 41 millions de visiteurs internationaux, soit une baisse de 4 % par rapport à la même période de l’année précédente, selon le ministère du Commerce. Cela fait suite à une baisse de plus de 2 % un an plus tôt.

Les chefs de file du tourisme et du commerce ont lancé début 2019 la « Visit U.S. Coalition », qui veut obtenir l’appui de l’administration Trump pour aider à lisser ce déclin. La coalition a été fondée par U.S. Travel, un groupe de lobbying dont les membres comptent, entre autres, Marriott International et Macy’s. « Moins de visiteurs signifie moins de séjours à l’hôtel, moins de repas consommés dans nos restaurants, moins de produits achetés dans nos magasins de détail et moins de visites à nos attractions nationales. Cela signifie également moins d’emplois aux États-Unis et une perte pour notre économie », a déclaré Katherine Lugar, présidente et directrice générale de l’American Hotel & Lodging Association, membre de la coalition. « Nous nous engageons à travailler avec l’Administration pour véhiculer un message positif afin de ne pas prendre du retard par rapport aux autres pays ». Le Shutdown n’est pas étranger à ce contretemps.

Un manque à gagner de 32 milliards de dollars

Roger Dow, président et chef de la direction de U.S. Travel, a qualifié certains discours du président Donald Trump d’ « inutiles », mais il n’a pas cherché à le blâmer directement pour cette baisse. M. Dow a souligné la valeur du dollar qui ne faiblit pas et la concurrence d’autres pays. U.S. Travel, dont l’objectif est de stimuler le tourisme aux États-Unis, a notamment souffert de l’interdiction d’entrer sur le sol US imposée par l’administration Trump aux ressortissants de certains pays musulmans. « M. le Président, s’il vous plaît, dites au monde que bien que nous soyons fermés à la terreur, nous sommes ouverts aux affaires », a déclaré M. Dow début mars. Si les États-Unis avaient maintenu leur part du marché mondial des voyages long-courriers au cours des deux dernières années, cela aurait entraîné la création de 100 000 nouveaux emplois et des dépenses de plus de 32 milliards de dollars, selon les estimations de U.S. Travel rendues publiques en début de semaine.

Une économie en croissance mais un tourisme en récession

L’industrie américaine du voyage n’est pas étrangère aux ralentissements, mais celui-ci se produit en période de croissance économique, ce qui est relativement inédit dans l’histoire du pays. Les effondrements antérieurs sont survenus à la suite de la crise financière et de la Grande Récession ou après les attentats terroristes du 11 septembre 2001.

À l’échelle mondiale, un nombre record de 1,32 milliard de touristes ont voyagé à l’étranger en 2017, soit une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente. C’est par ailleurs le rythme le plus rapide depuis 2010, selon une projection de l’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies. Alors que les États-Unis sont en voie d’afficher une baisse pour 2017, les arrivées de touristes européens ont bondi de 8 % pour atteindre 671 millions, et tous les autres continents ont affiché une augmentation, a déclaré l’OMT. Les dirigeants de l’industrie du voyage s’inquiètent de la perte de parts de marché aux États-Unis, car les voyageurs choisissent de visiter d’autres destinations moins chères et surtout plus accueillantes. De 2015 à 2017, les États-Unis et la Turquie ont enregistré une baisse des voyages long-courriers, selon U.S. Travel. Pendant ce temps, l’Arabie saoudite, le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie ont tous enregistré des hausses à deux chiffres.

Pour d’autres, cette baisse vient à point nommé, car l’écrasante majorité des monuments, des musées et autres points d’intérêt des Etats-Unis reste bondée, notamment en été. Certains opérateurs, bien qu’impactés par le baisse des arrivées en provenance de l’étranger, promettent désormais aux visiteurs une expérience plus agréable, de meilleurs circuits et des prix plus intéressants. Si vous souhaitez vous rendre aux Etats-Unis pour un séjour touristique ou un voyage d’affaires d’une durée maximale de 90 jours et que vous êtes citoyen français (ou d’un pays concerné par le programme d’exemption de visa du gouvernement fédéral américain), vous allez devoir faire une demande ESTA.

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